2025.2.28 Procès Le Scouarnec : pour la première fois, l’accusé avoue des “abus sexuels” sur sa petite-fille
Le fils aîné de Joël Le Scouarnec est venu témoigner, vendredi, devant la cour criminelle du Morbihan pour éclairer la personnalité de l’accusé ainsi que le contexte familial. L’accusé a révélé avoir commis des abus sexuels sur sa petite-fille. Le parquet de Lorient a fait savoir à la presse que “des suites judiciaires seraient données”.
L’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec, jugé à Vannes (Morbihan) pour viols et agressions sexuelles sur 299 patients, en grande majorité mineurs, a avoué vendredi 28 février devant son fils aîné avoir commis des “abus sexuels” sur la fille de ce dernier.
“Je reconnais des actes d’abus sexuels sur ma petite-fille”, a-t-il déclaré, en présence de son fils aîné, venu témoigner devant la cour criminelle du Morbihan pour éclairer la personnalité de l’accusé et le contexte familial, marqué par des incestes et des agressions sexuelles multiples, commises ou non par Joël Le Scouarnec.
Après ces révélations, le témoin et sa compagne, mère de l’enfant, ont été pris en charge par des psychologues.
La victime, âgée de 12 ans, étant toujours mineure, les actes sont “non-prescrits”, a souligné l’avocat général. Le parquet de Lorient a fait savoir à la presse que “des suites judiciaires seraient données” aux déclarations de Joël Le Scouarnec.
Grand gaillard chauve de 44 ans, l’aîné était le dernier des trois fils de l’accusé à être entendu par la cour.
Comme ses frères, il évoque une enfance heureuse. Avec le recul, “on nous a caché énormément de choses”, a dit le quadragénaire “en colère”.
Il se souvient avoir appris fortuitement, “quelques mois” seulement avant l’arrestation de son père en 2017 pour le viol d’une voisine de 6 ans, que la perquisition menée en 2004 au domicile du chirurgien concernait des fichiers pédopornographiques qu’il avait téléchargés sur son ordinateur. Et non pas des films de cinéma piratés comme il l’avait toujours cru…
Sa mère, Marie-France, ne lui en avait jamais parlé.
“Un grand traumatisme et beaucoup de colère”
Le fils aîné, qui dit ne plus avoir de contact avec sa mère depuis 2017, est allé voir son père après sa détention “pour comprendre ce qu’il faisait là”, raconte-t-il. Il repartira ce jour-là sans aucune explication : son père lui dira juste avoir commis des faits “graves”.
Le fils sombre dans la dépression, puis l’alcoolisme pendant deux ans après la condamnation en 2020, à Saintes (Charente-Maritime), de son père à quinze ans de réclusion pour les violences sexuelles commises sur quatre enfants, dont ses deux nièces.
Au procès de Saintes, l’avocat général lui a lu un extrait des carnets où l’accusé note scrupuleusement les noms de ses victimes et ce qu’il leur inflige : cet extrait concerne sa fille, âgée alors d’environ 2 ans, devant laquelle Joël Le Scouarnec se serait notamment exhibé.
“Ça a créé un grand traumatisme chez moi et beaucoup de colère”, se souvient devant la cour le quadragénaire. Il n’avait cependant pas porté plainte à l’époque.
Pleurs de l’enquêtrice
La cour appelle ensuite par visioconférence une enquêtrice de la gendarmerie qui a épluché les carnets de l’horreur de Joël Le Scouarnec.
Visiblement très éprouvée, celle-ci a fondu en larmes en revivant sa découverte des 300 000 fichiers pédopornographiques trouvés dans les ordinateurs de l’accusé en 2017 à Jonzac (Charente-Maritime).
Le gendarme qui a dirigé l’enquête lui a succédé à la barre pour être interrogé notamment sur ces éléments, dont des clichés ont été projetés à la cour.
Dizaines de poupées, sexuées ou non, jouets sexuels, perruques, un cadre photo où l’accusé figure nu en érection, jambes écartées… La main en écran devant les yeux, Joël Le Scouarnec se plie en deux pour ne pas voir afficher l’attirail de ses perversions.
Collectionneur forcené, l’accusé répertoriait et classait soigneusement ses fichiers informatiques et comptabilisait par exemple dans un tableur ses masturbations mensuelles.
Impitoyable, la présidente Aude Buresi a ensuite questionné sans répit le gendarme sur les erreurs ou lacunes de l’enquête, insistant longuement sur les “victimes oubliées” ou non prises en compte dans les investigations.
Au total, 410 victimes potentielles avaient été comptabilisées et 344 interrogées. Certaines sont décédées, pour d’autres les faits étaient prescrits.
“Je pense qu’on a recensé la majorité des victimes dans ces écrits”, estime le directeur d’enquête.
Il est 20 heures, le gendarme est “sur le grill” depuis cinq heures, note l’avocat général. La présidente a fini ses questions, elle annonce la suspension de l’audience, saluée par certains avocats des parties civiles : “le cerveau a ses limites”, “la semaine a été extrêmement éprouvante”, “on est fatigués”.
2025.2.28 Nouvelles mises en examen dans l’enquête sur l’évasion de “La Mouche”
Sept nouveaux suspects ont été mis en examen vendredi à Paris dans l’enquête sur l’évasion sanglante et la cavale de Mohamed Amra, incarcéré depuis mardi dans une prison normande très sécurisée. Cela porte à 18 le nombre de complices présumés poursuivis.
L’enquête sur l’évasion du narcotrafiquant Mohamed Amra en mai 2024 et son arrestation en Roumanie le 22 février, a déjà mené à 28 gardes à vue en France. Toutes sont terminées, selon le parquet de Paris.
Au total 19 personnes, dont celui que le surnomme “La Mouche”, remis à la France mardi et incarcéré depuis à l’isolement dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne), ont été mises en examen cette semaine par des juges d’instruction de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée).
Quatorze complices présumés ont été écroués et quatre placées sous contrôle judiciaire, selon le parquet.
Ces personnes sont soupçonnées, à des degrés divers, d’avoir participé aux projets d’évasion de Mohamed Amra, dont celle qui a fini tragiquement à Incarville (Eure) le 14 mai 2024 avec la mort de deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, et des blessures pour trois autres. Certaines sont aussi accusées d’avoir aidé le narcotrafiquant dans sa fuite.
Parmi les personnes mises en examen jeudi, au moins un membre présumé du commando mais aussi Jean-Charles P., présenté par une source comme un très proche d’Amra et son possible mentor.
D’autres mis en cause semblent avoir des rôles secondaires : achat d’outils pour l’un, location de voiture pour une autre, récupération d’échelles télescopiques pour un troisième, etc.
Quatre personnes ont été placées en détention provisoire vendredi 28 février, deux, dont une âgée de moins de 18 ans, sous contrôle judiciaire et une septième, qui avait 17 ans au moment des faits reprochés, a demandé un débat différé devant le juge des libertés et de la détention (JLD).
Selon trois sources proches du dossier, parmi eux figurent de jeunes hommes, âgés de 17 ans au printemps 2024 à une trentaine d’années, habitant Rouen ou la région parisienne, soupçonnés d’avoir participé au vol et au recel des voitures utilisées lors du guet-apens mortel.
L’enquête devra notamment établir s’ils connaissaient Amra et savaient à quoi allait servir ces véhicules.
“Cercle extrêmement large”
Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) ont ratissé un “cercle extrêmement large” de personnes dont l’implication est “assez mince”, selon une source proche du dossier.
L’un d’eux, né en 1998, s’est présenté dans le box du JLD l’air hagard, les cheveux longs, portant un jogging noir. Le juge a ensuite prononcé le huis clos réclamé par la procureure pour protéger des investigations “toujours en cours”, dans un “dossier qui démarre”.
Un autre, né en 2005, l’air juvénile, brun avec une mèche mais rasé sur les côtés, tenue rouge et bleu de sport, était soutenu par la présence de sa famille et amis venus à l’audience, également à huis clos, à l’issue de laquelle il est parti en détention.
À également été mis en examen et incarcéré vendredi au moins un membre présumé du commando, Alexandre G-B., selon une autre source proche du dossier.
Ce dernier est soupçonné d’avoir surveillé le départ du fourgon pénitentiaire depuis la terrasse d’un café près du tribunal de Rouen, pour donner le feu vert au commando afin de libérer Mohamed Amra, puis d’avoir récupéré les membres du commando, selon cette source.
“Une partie des suspects” des meurtres des deux agents pénitentiaires a été appréhendée, a déclaré mercredi la procureure de Paris, Laure Beccuau. “Il me semble que toute l’équipe qui aurait aidé Monsieur Amra dans sa cavale funèbre a été appréhendée”, a assuré jeudi le Garde des Sceaux Gérald Darmanin.
Trois autres personnes, deux au Maroc et une en Espagne, au rôle présenté comme central par des sources proches du dossier, arrêtées depuis samedi, pourraient être extradées ou remises à la France dans les prochaines semaines.
2025.2.26 Dugny : un homme avec des couteaux se jette sur des policiers, il est tué par la police
Un homme porteur de couteaux a été tué mercredi matin à Dugny, en Seine-Saint-Denis par la police. Un agent a fait “usage de son arme”, indique la préfecture de police de Paris. Blessé au thorax, l’homme est mort malgré l’intervention des secours.
Un homme porteur de couteaux et qui s’était “jeté” sur un équipage de policiers “sans dire un mot” a été tué par la police mercredi matin à Dugny (Seine-Saint-Denis), a appris l’AFP auprès de la préfecture de police de Paris.
Un agent a fait “usage de son arme”
Les faits ont eu lieu vers 7 h 00 du matin. Les “policiers locaux sont intervenus pour un homme assis à un arrêt de bus, porteur d’un couteau dans chaque main”, a détaillé la préfecture de police. “À l’arrivée de l’équipage”, l’homme s’est “jeté sur eux, sans dire un mot”, a-t-on poursuivi de même source.
L’un des policiers a d’abord utilisé un “pistolet électrique”, “resté inefficace”, a précisé la préfecture de police. Un autre agent a alors “fait usage de son arme”, blessant l’homme au thorax. Un “massage cardiaque a été prodigué jusqu’à l’arrivée des pompiers”, a encore dit cette source. “En dépit des soins apportés, l’homme est décédé”, a-t-elle précisé.
La police de Seine-Saint-Denis et l’IGPN saisis
La sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis a été saisie de l’enquête. Ainsi que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) comme c’est l’usage lorsqu’un policier tire avec son arme de service.
Un total de 36 personnes sont mortes en 2023 dans le cadre d’une intervention policière, selon les derniers chiffres communiqués par l’IGPN.
2025.2.26 De retour en France, le narcotrafiquant Mohamed Amra mis en examen et incarcéré au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe

Remis aux autorités françaises par la Roumanie ce mardi, le fugitif le plus recherché de France est arrivé à Villacoublay en début de soirée, ramené par le GIGN.
Le narcotrafiquant français Mohamed Amra, arrêté samedi en Roumanie après neuf mois de cavale, marquée par la mort de deux agents pénitentiaires, a été mis en examen mardi soir à Paris après son retour en France, a indiqué le parquet de Paris. Il a été placé en détention au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe dans l’Orne, indique au Figaro une source proche du dossier. Il s’agit d’une prison de haute sécurité, isolée, située dans la campagne normande. Selon nos informations, Mohamed Amra a été placé à l’isolement avec un statut de détenu particulièrement signalé (DPS). Les critères d’inscription sont notamment liés «au risque d’évasion et à l’intensité de l’atteinte à l’ordre public que celle-ci pourrait engendrer ainsi qu’au comportement particulièrement violent en détention de certains détenus», détaille le ministère de la Justice sur son site internet.
Le multirécidiviste âgé de 30 ans a été mis en examen pour meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol, le tout en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs, a détaillé le parquet, précisant qu’il avait gardé le silence devant le juge d’instruction. Il est désormais présenté à un juge des libertés et de la détention qui doit statuer sur son placement en détention provisoire.
Le fugitif le plus recherché de France est arrivé par un avion Falcon en provenance de Bucarest mardi en fin d’après-midi. L’avion s’est posé sur la base aérienne de Villacoublay (Yvelines) peu avant 18H30. Son transfert de la Roumanie à la France s’est déroulé sous haute sécurité. Il était escorté par le GIGN, l’unité d’élite de la gendarmerie, depuis son départ en avion de Roumanie vers 16h.
Arrêté samedi en Roumanie
À l’aéroport de Bucarest, encadré des forces spéciales de la police roumaine, il a traversé le hall large sourire aux lèvres, menottes au poignet et avec la même teinture rousse qui avait surpris lors de son arrestation samedi. Amra avait accepté dimanche son renvoi en France avant de contester en vain sa détention. «Comme il conteste sa culpabilité» et qu’il «est victime d’une erreur judiciaire», «nous avons fait appel pour qu’il soit libéré», avait déclaré à l’AFP son avocate roumaine, Maria Marcu, avant son renvoi du pays.
Mohamed Amra a été arrêté samedi en Roumanie où il vivait avec de faux papiers depuis le 8 février après avoir été installé par des complices dans un appartement de la banlieue de Bucarest, selon la police roumaine. «L’hypothèse la plus probable» est qu’il soit resté en France, jusqu’à son départ en Roumanie début février, ont confié deux sources proches de l’enquête lundi à l’AFP. Il attendait de faire de la chirurgie esthétique avant de fuir en Colombie, sans toutefois avoir encore entrepris de démarches concrètes, selon les autorités roumaines.
Une vingtaine de gardes à vue
Selon Laure Beccuau, une réunion a eu lieu lundi pour étudier dans quelle prison française il serait incarcéré à son retour. «Gérald Darmanin a demandé que Mohamed Amra soit placé dans un quartier d’isolement, dans un établissement pénitentiaire présentant un très haut niveau de sécurité», a souligné de son côté l’entourage du ministre français de la Justice. Son évasion datait du 14 mai 2024, lorsque le détenu avait été extrait de sa cellule en Normandie, pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger.
Un commando en avait alors profité, sur un péage dans l’Eure, pour attaquer à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut le fourgon dans lequel il se trouvait, tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres. Trois jours après son arrestation en Roumanie, 24 gardes à vue étaient toujours en cours mardi soir. Deux Français ont notamment été arrêtés au Maroc et un autre homme en Espagne.
«Un certain nombre de membres du commando pourraient se trouver au sein de ces gardes à vue», a poursuivi Laure Beccuau. «L’ensemble des auditions permettront de crédibiliser ou pas les pistes que nous avons pu construire». Selon elle, «dans son environnement, il y a effectivement un certain nombre de personnes qui peuvent appartenir» à la «Black Mafia Family», une organisation criminelle spécialisée dans le trafic de stupéfiants, «dont l’activité mérite d’être creusée».
2025.2.26 Affaire Bétharram : le porte-parole du collectif des victimes annonce déposer 40 nouvelles plaintes
Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes de Notre-Dame de Bétharram va déposer, ce jeudi 27 février, 40 nouvelles plaintes pour violences physiques et sexuelles. Le collectif recense désormais 152 plaintes dans ce dossier.
La libération de la parole se poursuit dans l’affaire Notre-Dame de Bétharram. Depuis la médiatisation et la tournure politique qu’a pris cette affaire depuis plusieurs semaines, le collectif des victimes a reçu de nouvelles plaintes. Son porte-parole, Alain Esquerre, annonce qu’il va déposer 40 nouvelles plaintes ce jeudi 27 février. Le collectif des victimes de Notre-Dame de Bétharram recense désormais 152 plaintes dans cette affaire de violences physiques et sexuelles au sein de l’établissement catholique béarnais, situé à Lestelle-Bétharram.
De nombreuses victimes ont rejoint le groupe Facebook du collectif pour témoigner de ce qu’elles ont vécu à Bétharram. Elles ont été invitées à déposer plainte, à remplir un Cerfa “requête aux fins de saisine du tribunal judiciaire” et à l’envoyer à Alain Esquerre. Depuis le début de cette affaire, le porte-parole centralise les dépôts de plaintes. Le procureur de la République de Pau confirme également que son parquet a reçu directement de nouvelles plaintes envoyées au tribunal de justice.
Dans cette affaire Bétharram, le parquet de Pau a ouvert une information judiciaire vendredi 21 février des chefs de viol et agression sexuelle. Un ex-surveillant général de l’institution catholique béarnaise a été mis en examen placé en détention provisoire.
2025.2.25 Essonne : Un fils soupçonné d’avoir tué sa mère puis d’avoir vécu avec son cadavre
HORREUR•A Vigneux-sur-Seine (Essonne), une septuagénaire a été retrouvée morte chez elle le 21 février. Son fils, souffrant de troubles psychiatriques, est accusé de l’avoir tuée avant de vivre avec son cadavre
Une scène macabre a secoué un quartier résidentiel de Vigneux-sur-Seine (Essonne). Le 21 février, les secours, alertés par la fille de la victime, ont découvert cette femme de 71 ans morte depuis plusieurs jours dans sa maison, rapporte Le Parisien. Son fils de 40 ans, présentant des troubles psychiatriques, est accusé de l’avoir tuée avant de vivre reclus avec son cadavre.
L’alerte a donc été donnée par la fille de Maria, inquiète de ne plus avoir de nouvelles de sa mère depuis près de quinze jours. Les pompiers et policiers intervenus ont été confrontés à une scène glaçante. Le suspect, pieds nus, amaigri et marqué de taches de sang, était prostré dans la maison, murée dans l’ombre. En état de choc, il tenait des propos incohérents et criait aux secouristes : « J’ai rien fait ! ». Le corps, en décomposition avancée, a été retrouvé peu après.
Une enquête pour « assassinat » ouverte
Selon les premières constatations, la septuagénaire aurait été tuée courant février, son fils continuant à vivre dans la maison sans sortir. Hospitalisé en milieu psychiatrique dès son interpellation, il n’a pas pu être placé en garde à vue. Une enquête pour « assassinat » a été ouverte et une autopsie doit préciser les circonstances exactes du décès.
La victime, connue dans son quartier pour sa gentillesse et ses dons de vêtements aux riverains, hébergeait son fils au sous-sol depuis la mort de son mari. Le suspect, décrit comme « très perturbé », passait l’essentiel de son temps reclus. Le maire de la commune, Thomas Chazal (LR), indique qu’il n’était pas suivi par les services municipaux. Ce drame fait écho à une affaire similaire survenue en décembre à Draveil, où un jeune homme souffrant de troubles psychiatriques avait poignardé sa mère.
2025.2.24 Villeurbanne: un Atsem soupçonné d’agressions sexuelles en maternelle réaffecté dans une autre école après sa suspension
Visé par une plainte pour des attouchements sur deux enfants, le fonctionnaire officiant en école maternelle a été réintégré à l’issue de huit mois de suspension alors qu’une enquête de police est toujours en cours.
«Notre système d’alerte n’a pas fonctionné correctement». Un Atsem suspendu l’an dernier pour des soupçons d’agressions sexuelles sur des écoliers villeurbannais a été réaffecté dans un établissement voisin, selon une information du Progrès confirmée au Figaro. La municipalité, employeur du fonctionnaire mis en cause, l’a de nouveau suspendu après s’être aperçue de son erreur.
C’est une mère de famille qui a reconnu le jeune homme d’une vingtaine d’années à la sortie de l’école Jules Guesde, dans le quartier des Brosses, mi-février. Il venait d’y reprendre des fonctions auprès d’une classe de maternelle, après une suspension de huit mois. Cette décision faisait suite au dépôt d’une plainte pour agressions sexuelles par deux familles de l’école maternelle Berthelot, dans le quartier voisin de Grand Clément, où il travaillait l’année dernière.
Le fonctionnaire territorial, salarié de la mairie de Villeurbanne y aurait commis des attouchements sur des enfants. Une enquête de police est en cours, mais elle n’a pas encore abouti. Si bien qu’aucune décision de justice n’a été rendue au terme des huit mois de suspension. L’agent a donc été réintégré.
Principe de précaution
«L’agent concerné a été suspendu 8 mois – durée maximum possible – à titre conservatoire, répond la ville de Villeurbanne au Figaro. La procédure étant toujours en cours au bout de ces 8 mois et sans retour des services de police et de justice, malgré plusieurs relances, l’agent a été réintégré, dans une autre école – ce qui en tout état de cause n’aurait pas dû être le cas».
«C’est une situation très particulière puisqu’il est très rare qu’un fonctionnaire fasse l’objet d’une enquête judiciaire, encore plus pour ces faits, et qu’il n’y ait pas décision de justice à l’issue de la suspension, défend une source au sein des services municipaux. Pour autant il n’aurait pas dû être réaffecté dans une école, la protection des enfants prime».
Un principe de précaution finalement appliqué une fois l’information remontée au directeur de l’école par la mère de famille, puis à la commune. L’agent a été suspendu immédiatement par son employeur, soit deux jours après sa prise de poste à Jules Guesde. La suspension n’ayant pas vraiment de cadre légal cette fois-ci.

2025.2.22 Le fugitif Mohamed Amra interpellé en Roumanie, neuf mois après sa sanglante évasion
Le détenu qui s’était évadé avec l’aide d’un commando lourdement armé au péage d’Incarville il y a neuf mois a été interpellé à 15h30 par des policiers roumains aux abords d’un centre commercial de Bucarest.
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Le narcotrafiquant Mohamed Amra, en fuite depuis son évasion en mai, a été arrêté à Bucarest en Roumanie, a annoncé le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau sur son compte X, ce samedi. «Je félicite toutes les forces qui ont permis l’arrestation de Mohamed Amra en Roumanie aujourd’hui», a écrit le locataire de Beauvau, avant de remercier «chaleureusement la Roumanie pour sa coopération décisive». Invité du JT de TF1 ce samedi soir, Bruno Retailleau a de nouveau salué le travail «extraordinaire» des enquêteurs : «Il y a plusieurs mois, j’avais dit : “Ça prendra du temps, mais on l’aura.” Et je veux dire à toutes ces narcoracailles : tant qu’on les traquera, nulle part ils ne seront en sécurité.»
Celui qui s’était évadé avec l’aide d’un commando armé au péage d’Incarville, dans l’Eure, il y a neuf mois, était visé depuis par une notice rouge d’Interpol. D’après nos informations, il a été interpellé à Bucarest à 15h30 par des policiers roumains, alors qu’il sortait seul d’un taxi aux abords d’un centre commercial, dans le 1er arrondissement de la capitale roumaine. Selon Bogdan Ghebaur, l’un des porte-parole de la police roumaine, Mohamed Amra avait loué un appartement dans ce même quartier.
D’après nos informations, il a été arrêté sans difficulté, puis transféré au centre de détention central de la capitale, avant d’être présenté à un magistrat de Bucarest dimanche.
Le 14 mai 2024, deux agents pénitentiaires avaient été tués, et trois autres blessés, lors d’un braquage ultrasophistiqué, mené par plusieurs individus encagoulés, vêtus de noir, et lourdement armés. Mohamed Amra se trouvait dans un fourgon sous escorte, en vue d’être présenté ce jour-là à un juge, quand il avait été extrait du véhicule par ces hommes, avant de prendre la fuite.
Saluant la coopération efficace entre les deux pays, le ministre de l’Intérieur roumain, Cătălin Predoiu, s’est félicité ce samedi après-midi du travail des policiers sur place qui a permis de localiser, identifier, et interpeller Mohamed Amra «dans les 48 heures suivant la réception d’informations» indiquant qu’il se trouvait sur le territoire roumain, a-t-il précisé dans un communiqué.
2025.2.22 Attaque au couteau à Mulhouse : un mort et des blessés, Macron évoque un “acte terroriste islamiste”
Une personne a été tuée et au moins trois policiers municipaux gravement blessés, samedi, dans une attaque au couteau à Mulhouse, dans l’est de la France. Le suspect, en garde à vue, est un homme fiché pour prévention du terrorisme âgé de 37 ans. Une enquête a été ouverte par le parquet national antiterroriste.
Le choc à Mulhouse. Un homme de 37 ans, fiché pour prévention du terrorisme, est suspecté d’avoir tué à l’arme blanche une personne et d’avoir grièvement blessé au moins trois policiers municipaux samedi 22 février dans cette ville de l’est de la France, dans une attaque qualifiée “d’attentat terroriste” par Emmanuel Macron.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé se saisir de l’enquête, ouverte pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste et tentative d’assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique, en relation avec une entreprise terroriste.
En déplacement au Salon de l’agriculture à Paris, le chef de l’État Emmanuel Macron a évoqué un “acte de terrorisme”, “islamiste”, “qui ne fait pas de doute” après cette attaque mortelle, en faisant part de “la solidarité de toute la Nation”.
Le suspect “est fiché au FSPRT”, le fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, a déclaré à l’AFP le procureur de Mulhouse Nicolas Heitz, qui s’est rendu sur place.
Les deux policiers municipaux ont été blessés pour l’un “à la carotide”, pour l’autre “au thorax”, selon Nicolas Heitz. Ils ont été hospitalisés en urgence absolue. Trois autres policiers municipaux auraient été plus légèrement atteints, a-t-il précisé.
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, est attendu sur place dans la soirée.
Un Portugais âgé de 69 ans décédé
Les faits se sont déroulés peu avant 16 h, à proximité du marché du canal couvert très animé qui se tenait ce samedi, en plein cœur d’un quartier populaire de la ville.
Selon le parquet de Mulhouse, qui avait ouvert une enquête juste après les faits avant que le Pnat ne s’en saisisse, l’assaillant a agressé les victimes avec un couteau, dont un Portugais âgé de 69 ans, qui est décédé.
L’assaillant est actuellement en garde à vue, a précisé le Pnat, dont l’un des magistrats se rend sur les lieux.
Quatre périmètres de sécurité ont été dressés, sur les lieux des attaques successives et de l’arrestation du suspect. De nombreux policiers ont été déployés, ainsi que des militaires de l’opération Sentinelle arrivés en renfort, a constaté un photographe de l’AFP.
Sur la dalle du marché, des policiers municipaux tentaient de préserver des traces de sang des intempéries. Des agents de la police scientifique procédaient également à des relevés. Une dizaine de véhicules de pompiers étaient stationnés.
De source syndicale, l’homme, né en Algérie, est actuellement sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence. Il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
“L’horreur vient de saisir notre ville”, a déploré dans un message posté sur Facebook la maire de la ville, Michèle Lutz.
“La piste terroriste semble être privilégiée pour le moment. Cela doit naturellement être confirmé sur le plan judiciaire”, a-t-elle ajouté. Elle a adressé aux victimes et à leurs proches ses “sentiments fraternels”.
“Le fanatisme a encore frappé et nous sommes en deuil”, a réagi le Premier ministre, François Bayrou, qui a adressés ses “félicitations aux forces de l’ordre pour leur intervention rapide”.
2025.2.20 Affaire Bétharram : trois hommes suspectés de viols aggravés placés en garde à vue
Le parquet de Pau a annoncé, mercredi, que trois hommes ont été placés en garde à vue pour des faits présumés de “viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées” s’étalant “entre 1957 et 2004”, dans le cadre de l’enquête sur Notre-Dame-de-Bétharram.
Accélération après un an d’investigations. Trois hommes ont été placés en garde à vue, mercredi 19 février, dans l’affaire des violences physiques et sexuelles au sein de l’établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram à Pau, dans le sud-ouest de la France. Ces premières mises en cause concernent des hommes nés en 1931, en 1955 et en 1965, pour des faits présumés s’étalant “entre 1957 et 2004”, selon le procureur de la République à Pau, Rodolphe Jarry.
“Enfin, quelque chose de très fort se passe”, c’est “une immense victoire, la concrétisation d’un combat de 15 mois”, a déclaré à l’AFP Alain Esquerre, porte-parole du collectif de plus d’une centaine de plaignants.
Les victimes, âgées de 8 à 13 ans à l’époque des faits, évoquent des masturbations et fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine, des châtiments corporels, menaces et humiliations.
Cette annonce survient quatre jours après une réunion, à Pau, entre des victimes et le Premier ministre François Bayrou. À l’issue de cette longue entrevue, le chef du gouvernement avait promis des moyens supplémentaires pour l’enquête. Le parquet a toutefois souligné mercredi que le calendrier des interpellations avait été arrêté “dès le 31 janvier 2025”.
Le collectif des victimes de Bétharram a recensé à ce jour 132 plaintes, soit une quinzaine de signalements supplémentaires en quelques jours. Le parquet en confirmera le nombre total à l’issue des gardes à vue qui peuvent durer jusqu’à 48 heures, a indiqué le procureur. Parmi ces plaintes, “rares” sont celles qui ne sont pas frappées par la prescription, estime Alain Esquerre, qui indiquait en juillet que deux laïcs toujours en vie et un prêtre décédé étaient particulièrement visés.
Bayrou, dans la tourmente, dit “tout ignorer”
Depuis deux semaines, le scandale Bétharram éclabousse le Premier ministre, François Bayrou, dont plusieurs des enfants ont été scolarisés dans le passé dans cette institution béarnaise, où son épouse a enseigné le catéchisme.
Celui qui a été ministre de l’Éducation de 1993 à 1997 répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des agressions sexuelles et viols dans l’établissement et a contre-attaqué mardi en visant le gouvernement de Lionel Jospin, au pouvoir en 1998, au moment d’une première plainte pour viol, abandonnée après le suicide du prêtre mis en cause début 2000. Devant l’Assemblée nationale, il a réaffirmé mardi n’être “jamais” intervenu, “ni de près ni de loin”, auprès de la justice.
L’inspecteur académique, qui concluait à l’époque que les élèves n’étaient pas “brutalisés” à Bétharram, a exprimé mercredi des regrets, estimant que son rapport de trois pages “ne tient pas la route actuellement”.
Ses propos, rapportés par la Cellule investigation de Radio France, ont “sidéré” et “scandalisé” Alain Esquerre, qui estime que “si ce monsieur avait fait son travail, son rapport aurait fait scandale, le procureur aurait été saisi et on aurait évité tous les viols et violences perpétrés ensuite pendant une dizaine d’années au sein de l’établissement”.
2025.2.17 La mère d’un élève de maternelle étrangle une enseignante au sud de Lyon
Une femme d’une trentaine d’années a été interpellée jeudi dernier devant l’école Édouard Herriot de Givors, dans le sud du département du Rhône, après avoir agressé trois enseignantes.
Une enseignante étranglée par la mère d’un élève de maternelle. Une femme d’une trentaine d’années a été interpellée jeudi dernier devant l’école Édouard Herriot de Givors, dans le sud du département du Rhône, après avoir agressé trois professeurs des écoles, selon une information d’ActuLyon confirmée au Figaro par plusieurs sources proches du dossier. Les enseignantes ont porté plainte.
Selon nos informations, c’est à la suite d’une réunion avec le corps enseignant, à la mi-journée que la situation se serait envenimée. Les circonstances de l’altercation restent floues. La vue de photos d’enfants de l’école, dont le sien, étalées sur le sol aurait provoqué sa colère. Notamment par peur de voir la tête de son fils piétinée. «C’est là qu’elle a pété les plombs», confie un élu de la ville de Givors et insulté les enseignantes présentes. Emmenée vers la sortie de l’établissement, la mère de famille tente d’étrangler l’une des fonctionnaires.
Les enseignantes choquées portent plainte
Une agression «inacceptable» pour Olivier Dugrip, recteur de l’académie de Lyon, qui a exprimé son «soutien aux trois professeurs victimes». «Deux conseillers pédagogiques et une psychologue de l’Éducation nationale étaient sur place» les jours suivants, a-t-il précisé. Les enseignantes n’ont pas reçu d’ITT mais sont choquées, comme le reste de l’école. Elles ont reçu la protection fonctionnelle de la part du rectorat de Lyon, permettant la prise en charge des frais de justice.
De son côté, la mère de famille a rapidement été interpellée par la police nationale et placée en garde à vue. Elle a été présentée au parquet de Lyon ce samedi et placée sous contrôle judiciaire en attendant sa convocation à une date ultérieure devant le tribunal correctionnel.
2025.2.13 Attaque à la grenade à Grenoble : le propriétaire du bar associatif pense qu’il était la cible
Une grenade a été jetée dans un bar associatif mercredi soir au sud de Grenoble.
15 personnes ont été blessées, 6 sont en urgence absolue.
Le propriétaire aurait affirmé du bar aux enquêteurs être la cible.
Au sol, les morceaux de verre des vitres soufflés par l’explosion. À l’intérieur, comme à l’extérieur du bar, on trouve des débris partout. Ce jeudi matin, tout autour de l’établissement attaqué, le dispositif de sécurité est toujours conséquent avec des policiers lourdement armés, des chiens renifleurs et la police scientifique.
La photo ci-dessus a été prise juste après l’explosion, mercredi soir peu après 20h. Un homme a jeté une grenade à l’intérieur de ce bar. Plusieurs personnes s’y trouvaient lorsque l’engin a explosé. 15 blessés, dont 6 en urgence absolue, sont à déplorer. Jocelyne vit juste au-dessus du bar, elle est encore sonnée. “Vous savez, j’étais en train de faire des mots fléchés, et d’un seul coup, quand ça fait boum, ça fait boum. Je me suis dit, mais qu’est-ce qui arrive ? Mon chien a été affolé, alors j’ai vite pris mon chien, et puis je suis sortie. J’ai vu des gens partir après sur les civières, que les pompiers emmenaient”, explique la femme âgée.
Le propriétaire pense être la cible
L’établissement visé est un bar associatif situé dans le quartier du Village Olympique, au sud de Grenoble. Pourquoi a-t-il été attaqué ? La piste terroriste a été très vite écartée par le procureur de la République. Une des hypothèses étudiées est celle d’un règlement de compte. Selon nos informations, le propriétaire du bar a déclaré aux policiers qu’il était lui-même la cible de cette attaque. Toujours selon le propriétaire, l’homme qui a jeté la grenade était également armé d’une kalachnikov.
Notre équipe sur place a pu entrer dans l’immeuble ce matin. “Selon nos informations, les policiers disent avoir trouvé des cigarettes de contrebande dans les parties communes de l’immeuble où se trouve ce bar. Les enquêteurs se demandent désormais si cette explosion peut avoir un lien avec un quelconque trafic”, explique notre journaliste Ignacio Bornacin. Le fils du propriétaire du local a d’ailleurs été placé en garde à vue après l’explosion, car il détenait des cigarettes de contrebande.
Ce quartier grenoblois est connu pour ce genre de trafic. Il y a un mois, 25 kilos de tabac ont été saisis. Un secteur où la violence est aussi très présente. En septembre dernier, un homme a été blessé par balle à un arrêt de tramway. Beaucoup d’habitants réclament plus de sécurité. “De la lassitude, sérieux. On a beaucoup l’impression que les autorités s’en foutent”, dénonce un habitant à notre micro.
Un sujet abordé ce jeudi matin par le maire de Grenoble, alors qu’il se trouvait à l’hôpital où les victimes sont prises en charge. “Ce qui est sûr, c’est que nous voyons une montée de la violence et de l’utilisation d’armes ou d’engins explosifs”, a constaté l’édile Éric Piolle. Une grenade, une arme de guerre a été utilisée hier soir, jetée à l’aveugle pour faire le plus de dégâts possible. Yannick Biancheri, secrétaire départemental du Syndicat Alliance Police Nationale, se demande jusqu’où ira la violence. “Il y a quelques années en arrière, c’était des règlements de comptes à coups de poing. Après, c’était avec des exhibitions de couteaux, des exhibitions d’armes à feu. Après, on a utilisé des armes à feu. Après, on a utilisé des armes de guerre sur un fourgon blindé. Maintenant, on utilise une grenade”, dénonce-t-il. L’auteur de l’attaque est toujours introuvable.
2025.2.13 Meurtre de Louise : “choquée”, l’industrie du jeu vidéo “condamne tous les actes de violence gratuits”
Louise, une collégienne de 11 ans, a été tuée la semaine passée de multiples coups de couteau.
Le principal suspect a expliqué qu’il cherchait à “racketter une personne pour se calmer” après une altercation lors d’une partie du jeu vidéo en ligne “Fortnite”.
Alors que ce crime relance le débat sur le rôle potentiellement nocif des jeux vidéos, l’industrie dit “condamner tous les actes de violence gratuits”.
Le meurtre de Louise, 11 ans, relance le vieux débat sur les rapports entre violence et jeux vidéos. Le suspect principal, un jeune homme de 23 ans décrit par son entourage comme pouvant être “violent” et accro aux jeux vidéos, a en effet affirmé avoir abordé la fillette dans l’idée de la “racketter pour se calmer” après une altercation lors d’une partie du jeu en ligne Fortnite. Il aurait “paniqué” lorsque la collégienne s’est mise à crier, et été pris d’une “pulsion” l’ayant conduit à commettre l’irréparable, a détaillé mercredi le procureur de la République.
Évoquant l’affaire le même jour, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait pointé du doigt les jeux vidéo sur France Inter : “Peut-on tuer un enfant de 11 ans parce qu’on a perdu, été contrarié, frustré à force d’addiction à des jeux vidéo ? Ce qui montre bien que les écrans, les jeux vidéo, il faut y faire très attention”.
Le jeux vidéos “ne rendent pas violent”
Les professionnels du secteur ont rapidement réagi, affirmant dans une déclaration que ces produits “ne rendent pas violent”. “Les jeux vidéo restent avant tout, des œuvres de divertissement au même titre que le cinéma, les livres ou la musique. Les nombreuses études scientifiques récentes démontrent toutes, et de manière rigoureuse, qu’il n’existe pas de corrélation entre jeux vidéo et comportements violents dans la vie réelle”, pointent Video Games Europe et Syndicat des éditeurs de logiciel de loisirs (SELL) dans un communiqué commun.
“Cette fausse affirmation détourne l’attention des discussions importantes sur les vrais facteurs plus larges, complexes et déterminants expliquant la violence”, soulignent-ils encore. “Il n’y a pas de lien de causalité entre jeux vidéos et passage à l’acte violent”, confirme Olivier Duris, psychologue clinicien et docteur en psychopathologie, dans Bonjour ! La Matinale de TF1.
Cela étant dit, “le meurtre de la petite Louise suscite une vive et légitime émotion dans le pays”, reconnaissent Video Games Europe et Syndicat des éditeurs de logiciel de loisirs. “L’industrie du jeu vidéo est choquée et condamne tous les actes de violence gratuits”, martèlent-ils.
2025.2.12 Meurtre de Louise en Essonne : le suspect dit avoir voulu voler la collégienne “pour se calmer”
Le suspect du meurtre de la petite Louise est passé aux aveux, mercredi 12 février. Il a quitté les locaux de la police judiciaire de Versailles (Yvelines), vers 17h30, avant d’être conduit devant un juge d’instruction en vue de sa mise en examen pour “meurtre sur mineure de moins de 15 ans”.
Le principal suspect du meurtre de Louise, un certain Owen, 23 ans, a avoué avoir tué la petite fille de 11 ans. Mercredi 12 février, à Évry (Essonne), le procureur révélait que le suspect était passé aux aveux la veille au soir. Selon son récit livré aux enquêteurs, le suspect dit s’être mis “très en colère” le jour des faits, “après une dispute avec un joueur en ligne”.
Après être sorti de chez lui vêtu de “sa doudoune noire”, dans laquelle se trouvait “habituellement, selon lui, un couteau de type Opinel”, a précisé le procureur, le suspect a raconté qu’il avait l’intention de voler ou de racketter quelqu’un “pour se calmer”.
Plusieurs coups de couteau dans un bois
Il croise alors la petite Louise, qu’il ne connaît pas, et décide de l’entraîner dans le bois en prétextant avoir perdu un objet et avoir besoin d’aide. Dans un coin isolé, il sort alors son couteau, la menaçant et lui demandant son sac à dos. Devant la panique de la petite fille qui se serait mise à crier, le suspect a affirmé lui avoir porté plusieurs coups de couteau après l’avoir fait tomber à terre.
En rentrant chez lui ce jour-là, sa petite amie a constaté qu’il était blessé “avec du sang sur le menton”. Il aurait fini par lui avouer avoir tué la collégienne.
Regardez l’intégralité du reportage dans la vidéo ci-dessus
2025.2.12 Meurtre de Louise, 11 ans : la chronologie d’un crime commis en une dizaine de minutes
Cinq jours après le meurtre de Louise, le procureur de la République d’Évry a révélé ce mercredi la chronologie des faits.
Vendredi, le mis en cause âgé de 23 ans serait sorti de chez lui énervé après avoir été insulté par un joueur sur Fortnite.
Il aurait alors croisé “fortuitement” la route de la collégienne de 11 ans qu’il ne connaissait pas, avant de commettre l’irréparable.
Un scénario inédit et terrifiant et un crime atroce commis en un laps de temps minime. Ce mercredi, le procureur de la République d’Évry, Grégoire Dulin, a expliqué devant la presse comme l’individu âgé de 23 ans interpellé lundi dernier à Épinay-sur-Orge avait croisé la route de Louise, 11 ans, avant de la tuer.
Ce meurtre d’une extrême violence a ainsi été commis en une dizaine de minutes par un étudiant en BTS informatique en alternance qui n’a jamais fait l’objet d’un suivi médical ou psychologique et qui n’était connu jusqu’alors que pour vol et tentative de vol. Le mis en cause, qui a d’abord contesté les faits, a fini par reconnaître le meurtre de la jeune collégienne. TF1info revient sur la chronologie des faits.
Insulté par un joueur sur Fortnite
Selon les déclarations du mis en cause et de sa petite amie, tout aurait dégénéré vendredi 7 février en pleine journée après une dispute avec un joueur sur un jeu vidéo. L’homme de 23 ans jouait à Fortnite à son domicile familial d’Épinay-sur-Orge quand il a été “insulté par un autre joueur”. “Très énervé” selon les déclarations de sa petite amie, le suspect a alors stoppé la partie et est sorti de la maison “comme il le faisait souvent pour se calmer”. Le mis en cause a confirmé cela face aux enquêteurs, indiquant être sorti de son domicile, vêtu de sa doudoune noire dans laquelle se trouvait habituellement selon lui un couteau de type Opinel. “Son intention était de voler ou de racketter une personne pour se calmer”, selon ses dires.
A 13h58, il suit Louise
Ce même vendredi 7 février, Louise, 11 ans, scolarisée au collège André Maurois d’Épinay-sur-Orge, quitte l’établissement vers 13h50 et prévoit de rentrer chez elle immédiatement, comme elle l’a spécifié à une amie dans un message envoyé à 13h48. Le trajet entre son collège et son domicile lui prend habituellement 11 minutes environ. Elle ne rentrera pas. Sa disparition a été signalée par sa mère au commissariat de Savigny-sur-Orge peu avant 16 heures. Depuis 14h07, le portable de Louise était éteint et donc, pas localisable. L’exploitation des images extraites des caméras de vidéosurveillance a permis d’établir, dès “13h58, la présence d’un individu âgé de 20-25 ans qui traversait un passage piéton derrière Louise et semblait la suivre”.
Une rencontre “fortuite”, des “cris”, des coups mortels
Le mis en cause a déclaré avoir rencontré “fortuitement Louise” et assuré qu’il ne la “connaissait pas”. “Il a indiqué avoir repéré son portable qu’elle portait autour du cou et aurait décidé de la suivre. Il l’aurait ainsi attiré dans le bois des Templiers sous le prétexte d’y avoir perdu un objet” a détaillé le procureur.
Arrivé dans un coin tranquille, le suspect lui aurait dit qu’il allait “fouiller ses affaires pour lui voler de l’argent en la menaçant avec un couteau”. Alors qu’il voulait regarder ce que contenait son sac, l’adolescente se serait mise à crier. “Paniqué par ses cris, il la faisait tomber à terre et lui portait plusieurs coups de couteau. Il rentrait chez lui, ensuite en courant, en empruntant un autre chemin”, selon les propos rapportés par le magistrat.
Le corps sans vie de Louise a été retrouvé dans le bois des Templiers à 1h50, dans la nuit de vendredi à samedi. Il présentait de “très nombreuses plaies commises avec un objet tranchant dans plusieurs zones vitales”, témoignant de “l’extrême violence des coups portés”, a souligné le procureur. Des lésions de défense montrant qu’elle aurait tenté d’échapper à son agresseur ont également été retrouvées au niveau de ses mains. L’adolescente qui était vêtue n’a pas subi de violences sexuelles.
De retour chez lui aux alentours de 14h10
La sœur du mis en cause, âgée de 19 ans, a été auditionnée en qualité de témoin dès lundi. Elle a décrit son frère “comme un individu violent, nerveux, agressif et jouant de manière intensive aux jeux vidéo”. Elle ne lui parle plus, depuis qu’elle a subi “des violences de sa part en avril 2023, violences qui avaient fait l’objet d’un dépôt de main courante dans un commissariat”.
Concernant le vendredi 7 février, elle a indiqué aux enquêteurs être rentrée à son domicile familial aux alentours de 14h10 et selon elle, son frère l’avait suivie de peu. “Très rapidement, elle avait entendu la petite amie de son frère pleurer dans la salle de bain et le mis en cause demander des pansements”, selon le procureur. Une version corroborée par la petite amie du mis en cause. Selon elle, il serait rentré une dizaine de minutes après être sorti à la suite de son altercation avec un joueur sur Fortnite. À son retour, il l’avait appelée de l’extérieur alors qu’elle était dans la chambre du premier étage, fenêtre ouverte, lui demandant de “descendre sans crier”. “Elle le trouvait blessé à la main avec du sang sur le menton. Il lui disait d’abord être tombé avant de lui raconter après qu’elle avait insisté qu’il avait porté plusieurs coups de couteau à une collégienne qu’il disait ne pas connaître. Elle lui mettait un pansement”. Les deux femmes ont formellement reconnu le suspect sur les images extraites des caméras de vidéosurveillance.
Il ment et se débarrasse de ses vêtements
Le suspect de 23 ans a d’abord dit à sa petite amie qui lui demandait comment il s’était blessé qu’il était “tombé”. Puis, “sur son insistance”, il a fini par avouer”avoir commis quelque chose de grave” et développé en disant qu’il avait “porté plusieurs coups de couteau à une collégienne qui disait ne pas connaître”. “Il retirait ses vêtements qu’il aspergeait d’eau de javel avant de s’en débarrasser avec le couteau en jetant le tout dans une poubelle” a précisé Grégoire Dulin face à la presse. À ce stade, les recherches effectuées sur les indications peu précises du mis en cause n’ont pas permis de les retrouver.
Interpellé lundi 10 février, il finit par reconnaître les faits
Le suspect a été interpellé lundi 10 février grâce aux témoignages notamment de personnes le connaissant et affirmant l’avoir formellement reconnu sur les images de vidéosurveillance. Il présentait, depuis vendredi, des blessures au niveau des mains. Après que son ADN a été prélevé et analysé, il y a eu un “match” avec celui retrouvé sur le corps de Louise.
Face aux preuves accablantes, et alors que ses parents et sa petite amie étaient en garde à vue depuis mardi pour “non-dénonciation de crime”, l’étudiant est passé aux aveux. L’enquête a permis d’établir qu’il avait déjà commis ce genre de faits, sur une victime qui a eu davantage de chance que Louise. Le 4 février dernier, il avait ainsi abordé une collégienne de 12 ans dans le même secteur, prétextant avoir perdu son téléphone dans la forêt et avoir des problèmes de vue. “Elle avait refusé de le suivre et échappait ainsi à son agresseur. Le mis en cause confirmait les déclarations de la jeune fille et les expliquait par son projet de lui dérober ses effets personnels” selon le procureur.
Le suspect mis en examen et écroué
Ce mercredi, le procureur de la République d’Évry a ouvert une information judiciaire du chef de “meurtre sur un mineur de 15 ans” à l’encontre du principal suspect et du chef de “non-dénonciation de crime” à l’encontre de sa petite amie. Les deux personnes sont présentées dans la soirée à un juge d’instruction qui décidera de leur mise en examen.
Le parquet a requis le placement en détention provisoire de l’auteur présumé des faits et a demandé un placement sous contrôle judiciaire pour la petite amie en sollicitant des interdictions de contact, des interdictions de paraître et une obligation de pointage.
Dans la soirée, l’auteur des faits a été mis en examen par le magistrat instructeur du chef de “meurtre sur mineure de 15 ans”.
À l’issue d’un débat devant le juge des libertés et de la détention, il a été placé en détention provisoire conformément à nos réquisitions. Sa petite amie a été mise en examen pour “non-dénonciation de crime” et placée sous contrôle judiciaire, a annocé le parquet peu avant 23 heures.
Les parents du mis en cause, d’abord entendus en qualité de témoin, puis placés en garde à vue pour “non-dénonciation de crime”, n’ont pas reconnu leur fils sur les vidéos de surveillance selon le magistrat. “Ils pensaient que sa blessure, constatée à la main, était en lien avec un accident domestique survenu le mercredi précédent. Ils affirmaient qu’ils n’avaient jamais eu connaissance de l’implication de leur fils dans la mort de Louise” a fait savoir le procureur. Leur garde à vue était levé ce jour à 17h.
2025.2.11 Meurtre de Louise, 11 ans : De l’ADN inconnu retrouvé sur le corps de la fillette
enquete•L’ADN, retrouvé sur le corps de la petite fille, va être comparé avec celui du suspect de 23 ans placé en garde à vue lundi soir
Le meurtre de Louise, 11 ans, sera-t-il bientôt élucidé ? Quatre personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé le procureur de la République d’Evry Grégoire, Dulin. Parmi eux, un jeune homme de 23 ans qui habite à Epinay-sur-Orge, près du domicile de la victime, poignardée à mort en rentrant du collège, en Essonne. Lui est entendu pour « meurtre sur mineur de 15 ans », tandis que les trois autres – ses parents et sa petite-amie – pour « non-dénonciation de crime ».
Un élément, découvert sur la scène de crime, permettra peut-être à l’enquête d’accélérer. Selon nos informations, de l’ADN inconnu a été prélevé sur le corps de Louise, retrouvé dans le bois des Templiers, à Longjumeau. Cette trace biologique va notamment être comparée à celui du suspect placé en garde à vue. Les policiers attendent les résultats qui pourraient arriver d’ici « 24 à 48 heures maximum », indique à 20 Minutes une source proche du dossier.
« Incohérences » dans ses déclarations
Ils pourraient donc être connus avant la fin de la garde à vue du suspect, entendu pour meurtre sur mineur de 15 ans. Une mesure d’une durée initiale de 24 heures, qui peut être prolongée jusqu’à 48 heures par le procureur de la République.
Toujours selon nos informations, le suspect, décrit comme « addict aux jeux vidéo », a été interpellé après avoir été reconnu sur les images de vidéosurveillance par des témoins. Elles montrent un homme vêtu d’une doudoune et d’une casquette, suivant Louise sur le chemin de retour de son collège. Cet homme « semble avoir le bon profil », glisse une source proche du dossier, ajoutant qu’il ne se montrait pas « très bavard » devant les enquêteurs. Les policiers ont néanmoins relevé des « incohérences » dans les déclarations du suspect, déjà connu de leurs services pour des affaires de droit commun.
Frappée d’une dizaine de coups de couteau
L’autopsie du corps de Louise, une collégienne de 11 ans, a révélé qu’elle avait été frappée « une dizaine de fois », sans doute avec un couteau, selon les informations obtenues par 20 Minutes. Son corps, qui a été transporté à l’institut médico-légal de Corbeil-Essonnes, a été « lardé de nombreux coups piquants et tranchants », précise une source policière. Il présentait notamment quatre plaies sur le torse, et quatre autres au niveau du cou.
Contacté ce mardi matin par 20 Minutes, le procureur de la République d’Evry Grégoire Dulin, n’a pas encore répondu à nos questions.
2025.2.10 Procès de l’attentat de la basilique de Nice : cinq choses à savoir sur le parcours de l’accusé, Brahim Aouissaoui, qui assure avoir tout oublié
Ce Tunisien de 25 ans est jugé à partir de lundi pour l’assassinat de trois personnes en octobre 2020. “Son amnésie ne résistera pas à l’oralité des débats”, espère Philippe Soussi, avocat de l’Association française des victimes du terrorisme.
Va-t-il recouvrer la mémoire pendant le procès ? Le Tunisien Brahim Aouissaoui est jugé à partir du lundi 10 février par la cour d’assises spéciale de Paris pour l’attentat de la basilique de Nice. Il est accusé d’avoir tué à l’aide d’un couteau, le 29 octobre 2020, Nadine Devillers, une fidèle de 60 ans, Simone Barreto Silva, une mère de famille franco-brésilienne de 44 ans, et le sacristain Vincent Loquès, 55 ans, père de deux filles.
Grièvement blessé par les forces de l’ordre, Brahim Aouissaoui s’est rétabli à l’hôpital. Il prétend, depuis, ne se souvenir de rien. Il comparaît pour “assassinats et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste”. Le procès doit durer jusqu’au 26 février. Franceinfo revient sur le parcours de l’homme de 25 ans.
Un vendeur d’essence en Tunisie radicalisé
Né le 29 mars 1999 à Jhina, en Tunisie, Brahim Aouissaoui est le cinquième enfant d’une fratrie de six. Selon sa famille, interrogée par les enquêteurs, il est placé en centre de rééducation pour mineurs en 2015 ou 2016 après avoir commis une agression au couteau sous l’effet de stupéfiants et d’alcool. Après une scolarité limitée, il enchaîne des petits boulots avant de tenir un point de vente d’essence de contrebande.
Toujours selon ses proches, Brahim Aouissaoui change de comportement fin 2018, adoptant une pratique rigoriste de la religion et s’isolant de plus en plus dans son local à essence. Comme le mentionnent les juges dans l’ordonnance de mise en accusation, le jeune homme ne fréquente plus que des salafistes, dont certains impliqués dans des dossiers terroristes.
Un départ clandestin pour l’Italie en septembre 2020
Dans la nuit du 19 au 20 septembre 2020, Brahim Aouissaoui quitte la ville de Sfax à bord d’une embarcation avec dix autres personnes, sans prévenir sa famille. Il débarque à Lampedusa, en Italie, et est transféré à bord du navire Rhapsody Rav pour y subir une quarantaine en pleine crise du Covid-19. Il y reste confiné jusqu’au 9 octobre, avant de rejoindre Bari, puis la Sicile, où il travaille comme ouvrier agricole.
A cette période, Brahim Aouissaoui commence à envoyer à ses contacts sur Facebook des liens vers le compte de Khaled al-Rached. Ce prédicateur musulman saoudien demande la fermeture de l’ambassade du Danemark pour protester contre la publication des caricatures portant atteinte, selon lui, au prophète.
Les enquêteurs retrouvent aussi dans son téléphone une photo du terroriste tchétchène Abdoullakh Anzorov, l’assassin du professeur Samuel Paty, publiée le 22 octobre par Al-Naba, média du groupe Etat islamique, incitant les jeunes musulmans à tuer des Français par tous les moyens. Après un passage par Rome, Gênes et Vintimille, Brahim Aouissaoui arrive en gare de Nice le 27 octobre.
Il passe cinq fois devant la basilique avant l’attentat
Son séjour dans la ville des Alpes-Maritimes a pu être presque intégralement reconstitué grâce aux nombreuses caméras de surveillance installées en ville. Les enquêteurs ont ainsi pu établir que Brahim Aouissaoui était passé cinq fois devant la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption avant l’attentat. La veille au soir, dans un message audio, il explique à un compatriote résidant en région parisienne qu’il ne peut pas se rendre à Paris, faute d’argent. Toutefois, il ajoute : “J’ai un autre programme dans ma tête. Que Dieu le facilite.”
Après deux nuits dans le hall d’un immeuble de la rue d’Angleterre, Brahim Aouissaoui entre dans la basilique à 8h29 le matin du 29 octobre, armé d’un couteau de cuisine muni d’une lame de 17 cm. Selon les policiers qui l’ont interpellé dans l’édifice après l’attentat, Brahim Aouissaoui a crié “Allah Akbar” en les menaçant avec son couteau. Touché par huit balles, électrocuté par un taser, il est menotté avant d’être hospitalisé. Il est à peine 9 heures.
Même si le choix définitif de la cible semble n’avoir été arrêté que la veille des faits, les juges estiment que l’accusé préméditait une attaque depuis plusieurs semaines, pour répondre aux appels à commettre des attentats en France. C’est ce qui justifie son renvoi devant la cour d’assises pour assassinats, et non meurtres.
Une amnésie qui a duré durant toute l’instruction
Le jeune homme est mis en examen le 7 décembre 2020. Selon le médecin légiste chargé d’examiner ses blessures, afin de se prononcer sur la compatibilité de son état avec des interrogatoires et son maintien en détention, le rétablissement de Brahim Aouissaoui est spectaculaire. Il ne présente aucune blessure susceptible d’entraîner des pertes de mémoire.
L’intéressé assure pourtant avoir tout oublié, y compris le prénom de ses parents, qu’il imagine morts. Interrogé à cinq reprises pendant l’instruction, il maintient ne se souvenir ni de son départ de Tunisie ni des faits qui ont suivi. Lorsque les vidéosurveillances le filmant en Italie ou en France lui sont présentées, il soutient ne pas se reconnaître sur les images et en conclut qu’il n’est pas l’homme entré dans la basilique de Nice.
Selon l’expertise neuropsychiatrique, réalisée par Bernard Gueguen et Daniel Zagury, son amnésie est “opportuniste” relève “d’un système de défense”. Les écoutes de ses conversations téléphoniques avec ses proches en détention confirment, selon l’accusation, “que sa prétendue amnésie [est] pour le moins très exagérée”.
“Son amnésie ne résistera pas à l’oralité des débats”, espère Philippe Soussi, avocat de l’Association française des victimes du terrorisme. “Depuis son réveil du coma, il y a maintenant plus de quatre ans, M. Aouissaoui a toujours indiqué ne pas avoir de souvenirs des actes qu’il aurait pu commettre en octobre 2020”, oppose son avocat, Martin Méchin.
Un comportement inquiétant en détention
Les cinq établissements pénitentiaires qu’il a fréquentés ont tous transmis des rapports sur son comportement en détention. Les surveillants de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) ont décrit une personnalité inquiétante, adoptant “une attitude provocatrice, exigeante et de défiance” à leur égard. Consacrant son temps à une pratique rigoriste de la religion, selon l’administration pénitentiaire, il a été transféré à plusieurs reprises en urgence, après des échanges avec d’autres détenus incarcérés pour terrorisme. Au centre pénitentiaire de Meaux (Seine-et-Marne), Brahim Aouissaoui est parvenu à convaincre tout le monde qu’il préparait un nouvel attentat, relèvent les juges d’instruction.
Pour son avocat, “après plus de quatre ans de détention à l’isolement total, la question qui va se poser à l’ouverture de l’audience sera celle de son état de santé mentale actuel, de sa capacité à comprendre les charges qui pèsent contre lui, et donc de sa capacité à pouvoir se défendre comme tout accusé a le droit de le faire”. Pour les familles des victimes, ce rendez-vous judiciaire est avant tout “une étape cruciale” dans leur reconstruction psychologique. Comme il l’explique à “ici Azur”(Nouvelle fenêtre), Joffrey Devillers, qui a perdu sa femme dans l’attentat, n’attend toutefois pas “grand-chose de l’accusé, malheureusement, à moins d’un miracle”.
2025.2.8 Essonne : Suspects libérés, « nombreuses plaies »… Le point sur la mort de Louise, 11 ans, retrouvée dans un bois
Récap’•Louise a été retrouvée morte dans un bois en Essonne quelques heures après avoir disparu alors qu’elle quittait son collège vendredi après-midi. Les deux personnes qui avaient été placées en garde à vue ont été libérées

L’essentiel
Louise, 11 ans, a été retrouvée morte dans un bois voisin de sa commune d’Epinay-sur-Orge, dans la nuit de vendredi à samedi. Elle a été poignardée à plusieurs reprises.
Sa disparition avait été signalée vendredi à 15h30, alors qu’elle n’était pas rentrée du collège.
Deux suspects avaient été placés en garde à vue samedi. Ils ont été libérés en début de soirée.
Les policiers n’ont pas mis longtemps à retrouver son corps, précipitant la famille de Louise, 11 ans, en plein cauchemar. Cette collégienne d’Épinay-sur-Orge (Essonne) avait très rapidement été signalée disparue par sa famille alors qu’elle n’était pas rentrée chez elle après sa sortie de son établissement, vendredi à 15 heures. Elle a été retrouvée morte, après d’intenses recherches, dans la nuit, dans un bois d’une commune voisine, Longjumeau. Deux personnes ont été placées en garde à vue avant d’être libérées. 20 Minutes fait le point.
Que s’est-il passé ?
Louise, 11 ans, est sortie de son collège André Maurois à Epinay-sur-Orge (Essonne) vendredi vers 15 heures, à la fin de ses cours.
Le signalement de sa disparition a été effectué aux services de police à 15h30. Immédiatement, le parquet d’Evry a ouvert une enquête « en disparition inquiétante », a expliqué ce samedi le procureur. Une jeune femme se présentant comme sa sœur aînée a twitté vendredi soir un appel à l’aide pour retrouver l’adolescente : « Elle a été vue pour la dernière fois […] rue Lavoisier à Longjumeau », précisait-elle, en postant la photo d’une jeune fille aux longs cheveux blonds, léger sourire aux lèvres sous son bonnet à pompon.
D’importantes recherches étaient alors lancées. Elles ont abouti dans la nuit, vers 2h30, par la découverte du corps de la jeune fille, dans le parc boisé des Templiers, situé à quelques centaines de mètres du collège André-Maurois, près d’une zone résidentielle très calme où vivait la jeune fille.
Y a-t-il des suspects ?
Ce samedi, le procureur de la République d’Evry avait annoncé l’arrestation de deux suspects, placés en garde à vue afin d’établir leur éventuelle responsabilité ou implication dans la mort de Louise.
On apprenait en début de soirée que ce couple, âgé d’une vingtaine d’années, a été remis en liberté. Aucune autre arrestation n’a été signalée.
Où en est l’enquête ?
Après la découverte du corps, le procureur de la république a requalifié les faits en « meurtre sur mineur de 15 ans ». L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Versailles.
L’autopsie du corps a permis de savoir que Louise a été agressée « avec un objet tranchant dans les parties vitales », a indiqué samedi soir le procureur de la République d’Evry, Grégoire Dulin. Elle présentait de « très nombreuses plaies ». Et d’ajouter : « à ce stade, aucun élément ne permet d’affirmer que des violences sexuelles ont été commises ».
Quelles sont les réactions ?
Le rectorat de l’académie de Versailles a annoncé la mise en place d’une cellule d’écoute psychologique à destination des collégiens, enseignants et personnels. La ministre de l’éducation nationale, Élisabeth Borne, a publié sur X ses « condoléances à sa famille, ses proches, ses camarades, ses professeurs ».
La commune de Longjumeau, voisine immédiate d’Epinay et sur laquelle a été retrouvé le corps de Louise, a fait part de « sa vive émotion » et inviter à veiller « collectivement à respecter le chagrin de la famille dans la dignité ». Plusieurs dizaines de familles, des parents d’élèves et des proches de la victime se sont rassemblés peu avant 17 heures dans une chapelle située à quelques dizaines de mètres du collège pour assister à une messe oecuménique en mémoire de la jeune fille.
2025.2.6 Le narcotrafic a causé la mort de 110 personnes en France en 2024, selon le ministère de l’Intérieur
Le ministère a par ailleurs recensé 367 assassinats et tentatives d’assassinat liés au trafic de stupéfiants (contre 418 en 2023), relevant la proportion élevée de jeunes dans ces faits.
Un total de 110 personnes sont mortes et 341 ont été blessées à cause du trafic de drogue en France, selon les chiffres définitifs de l’année 2024, communiqués jeudi 6 février par le ministère de l’Intérieur(Nouvelle fenêtre). Ces chiffres sont en baisse par rapport à 2023 (139 morts et 413 blessées).
En 2024, 367 assassinats et tentatives d’assassinat liés au trafic de stupéfiants (contre 418 en 2023) ont été recensées, ajoute le ministère, relevant la proportion élevée de jeunes dans ces faits. En 2024, sur les 176 personnes écrouées pour assassinat et tentatives d’assassinat, “un quart” d’entre elles étaient âgées “de moins de 20 ans”, et 16 étaient mineures. Ce phénomène “touche particulièrement la moitié sud de la France”, ajoutent les autorités.
Les saisies de cocaïne en forte hausse
Par ailleurs, les services français (police, gendarmerie, douanes et marine nationale) ont saisi 53,5 tonnes de cocaïne en 2024, soit une augmentation de 130% comparé à 2023 (23 tonnes). Des chiffres “records”, a répété le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, lors du lancement d’une campagne de sensibilisation contre l’usage de drogue à destination des consommateurs.
Les chiffres des saisies 2024 sont également en hausse pour les drogues de synthèse : plus de 9 millions de comprimés d’ecstasy et de MDMA ont été saisis (+123% par rapport à 2023), ainsi que 618 kg d’amphétamines et de méthamphétamines (+133%). A contrario, les chiffres pour le cannabis sont en baisse (101 tonnes saisies, -19%). Une tonne d’héroïne a aussi été saisie en 2024.
Au total, 51 700 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants en 2024 (une hausse de 6% par rapport à 2023), et 288 000 pour usage de stupéfiants, (une augmentation de 10% en un an). Enfin, quelque 122 millions d’euros (+4%) ont été saisis par la police et la gendarmerie dans des enquêtes liées aux stupéfiants, ce qui ne représente que 11% du total des saisies des avoirs criminels (1,129 milliard euros).
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